Ces 4 aliments tendances à l'éthique discutable

Parce que ce n’est pas parce qu’un aliment est bon pour nous qu’il est bon pour la planète ou les ceux qui le produise, nous avons décidé de mener l’enquête afin de voir ce qu’il se cache derrière certains aliments tendances.

L’avocat

L’avocat est la star des réseaux sociaux et des restaurants branchés. Difficile d’échapper à la tendance de l’avocado toast :  des tartines à l’avocat dont la préparation est enfantine mais qui cartonnent dans tous les restaurants. Preuve de cet engouement, les importations d’avocat ont augmenté de 124% depuis 2013.

Aliment sain, non transformé, riche en bon acides gras ou en vitamines (E,C et K) l’avocat passerait presque pour l’aliment idéal.

Pourtant s’il fait du bien à notre corps on ne peut pas dire qu’il en fasse à la planète et la hausse de sa consommation a des conséquences très néfastes.

Les avocats que nous achetons sont majoritairement originaires du Mexique qui représente près du tiers de la production mondiale. La hausse de la demande mondiale en avocat entraîne une hausse des prix de cet aliment qui devient trop cher pour la population locale, alors que cela a toujours été un aliment de base dans le pays. En juillet 2016 il fallait débourser entre 60 et 80 pesos pour acheter 1 kilo d’avocat alors qu’il ne fallait débourser que 16 pesos 6 mois auparavant. La hausse est d’autant plus flagrante quand on sait que le salaire minimum quotidien dans le pays est de 80 pesos.

De plus pour satisfaire l’énorme demande en avocats les producteurs détruisent d’énormes forêts de pins pour pouvoir planter plus d’avocatiers. La faune qui vit dans ces forêts est menacées, tous comme les rivières qui pâtissent de la forte consommation d’eau propre à la culture de l’avocat. Les pesticides utilisés massivement contaminent les nappes phréatiques ce qui pose de graves problèmes sanitaires aux habitants.

Enfin la manne rapportée par la culture de l’avocat attire les convoitises des cartels qui n’hésitent pas à piller les producteurs.

La noix de cajou

Comme pour l’avocat, on assiste à un véritable effet de mode autour de cet oléagineux. Riche en acides gras mono-insaturés, en fibres, en vitamines (B, E, K) et en glucides à index glycémique bas, il a détrôné l’amande dans notre alimentation.

La noix de cajou est un globe-trotteur, c’est le moins qu’on puisse dire. Le premier producteur mondial de ce fruit, protégé par une grosse coque, est la Cote d’Ivoire avec plus de 725 000 tonnes récoltées en 2016.  Les ivoiriens préfèrent sa culture à celle du coton car elle demande moins de travail et est plus rémunératrice.

Faute d’installation pour la transformer, la noix quitte le pays par bateau en direction du Brésil (ou de l’Inde). Les noix sont ici nettoyées, séchées et cuites dans des grosses marmites, avant d’être épluchées. L’épluchage est une opération assez complexe qui requiert beaucoup de main d’œuvre.

noix de cajou écologie

Les noix de cajous quittent ensuite le Brésil pour atteindre leur destination finale : l’Europe ou les Etats-Unis. Au total les oléagineux auront parcouru environ 11 000km.

Le quinoa

Riche en protéines et dépourvu de gluten, le quinoa s’est vite imposé comme l’aliment idéal des personnes ayant adoptés un régime végétalien/végétarien ou ayant décidé de supprimer le gluten de leur alimentation. L’ONU a même déclaré l’année 2013 comme l’année internationale du quinoa en raison de sa richesse en protéines.  

Au départ le quinoa était un aliment populaire cultivé dans les Andes depuis près de 5000 ans. À la suite de la déclaration de l’ONU en 2013, le prix de cette graine se met à subitement s’envoler pour atteindre 9000 euros la tonne. Les producteurs péruviens et boliviens s’enrichissent alors et exportent massivement vers les Etats-Unis et l’Europe.

Voyant les prix augmenter, d’autres pays voulurent surfer sur la vague et se mettent à produire du quinoa. Aujourd’hui près de 90 pays dans le monde cultivent cette graine. Le Pérou se met à produire de façon intensive et devient le premier producteur mondial devant la Bolivie. Petit à petit l’offre se met alors à surpasser la demande et les prix commencent à chuter. Les petits producteurs boliviens doivent alors vendre à perte, alors que 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

L’amande

Cela fait près de 15 ans maintenant que les magazines nous vantent les bienfaits de l’amande. Comme la noix de cajou cette graine est très riche en acides gras mono-insaturés, en fibres et en vitamines. Elle serait parfaite pour des collations santé selon son puissant lobby qui œuvre à grand renfort de publicités dans les médias.

La plupart des amandes que nous consommons sont cultivées en Californie, où les champs d’abricotiers ont été remplacés par des amandiers, dont la culture est beaucoup plus rémunératrice.

La culture d’amande consomme 3 fois plus d’eau que ce que la nature peut remplacer. La situation est d’autant plus problématique que la Californie est en état de stress hydrique depuis plusieurs années.


A cela s’ajoute le fait que la culture d’amande nécessite des insectes pollinisateurs puisque les fleurs des amandiers californiens ne peuvent pas se féconder toutes seules. La Californie ne possédant pas assez d’abeilles, elle les loue à d’autres états des Etats-Unis. Le transport cause à ces insectes énormément de stress. Une fois sur place leur régime perd toute variété puisqu’elles ne butinent plus que des fleurs d’amandiers. De plus elles sont exposées à tous les produits phytosanitaires utilisés pour la culture d’amandes, ce qui détruit leur système immunitaire.

Alors que manger pour préserver la planète ? L’idéal est de consommer des produits locaux, cultivés près de chez nous et de remplacer les amandes ou noix de cajou par des noisettes par exemple.

Belle journée,

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