Baies de goji : Faut-il céder à la tendance ?

Quasiment introuvable il y a encore quelques années, on peut aujourd’hui retrouver ce petit fruit rouge dans presque tous les hypermarchés. Le fait qu’il soit considéré comme un superaliment a contribué très largement à sa popularité.  

Mais qu’est ce que ce petit fruit rouge a-t-il de si spécial et a-t-on raison de le placer sur un tel piédestal ?  Nous avons décider de faire le point.

Les baies de goji qu’est-ce que c’est ?

Les baies de goji sont des petites baies rouges semblables a des raisins sec et originaires d’Asie, où elles sont consommées quotidiennement et entrent dans la composition de nombreux remèdes. Le fruit était à l’origine cultivé principalement au Tibet mais la majorité de la production a lieu aujourd’hui en Chine (même pour les fruits biologiques) dans la région du Ningxia.

En Europe, on ne consomme des baies de goji que depuis le milieu des années 1970 et ce n’est qu’au milieu des années 2000 que l’engouement pour ces fruits a vraiment commencé.

Un fruit considéré comme un superaliment

Si les baies de goji ont été classé dans la catégorie des superaliments c’est parce qu’elles sont très riches en nutriments. Elles renferment de nombreuses vitamines (C, A, B, E), des acides aminés, mais aussi des minéraux et des oligo-éléments (dont le fer, le sélénium et le cuivre).

Ainsi ce petit fruit rouge permettrait de lutter contre la fatigue, contribuerait à éliminer les mauvaises graisses dans le sang, permettrait de réguler le taux de sucre dans le sang, ralentirait le vieillissement de l’organisme grâce aux antioxydants qu’il contient et favoriserait la mémoire et la concentration. Il pourrait même aider à prévenir le cancer grâce à son action sur le système immunitaire.

Cependant très peu d’essais cliniques fiables ont permis de confirmer les multiples bienfaits que l’on prête à ces petites baies. Les études qui sont parus sur le sujet sont bien souvent financées par les fabricants eux même, on peut donc douter de leur objectivité. Les études sur les animaux ont souvent été réalisées à partir de composés purifiés du goji, qui sont assimilés par l’organisme assez différemment de la baie de goji tout entière.

Prix élevé et qualité pas toujours au rendez vous

On recommande souvent de consommer de 10 à 20 grammes de baies de goji par jour pendant une durée de 30 à 90 jours. Avec un prix moyen de 47€ le kilogramme cela représente un budget non négligeable de près de 30€ par mois.

Les baies de goji étant cultivées en Chine il est assez difficile d’être certains de leur qualité, les standards bio dans le pays n’étant pas les mêmes qu’en France. Ainsi selon étude réalisée par le magazine Test Achats, sur 15 sachets de baies de goji 10 contenaient au moins une trace de pesticide avec un seuil de réglementaire européen de concentration de ces résidus qui était dépassé pour 4 produits. Sur ces 4 produits, 3 étaient labellisés bio !

De plus il est important que les baies de goji soient toujours stockées à l’abri de la lumière sous peine de voir toutes ses propriétés réduites à néant.

Plutôt que de se ruer sur ces petites baies miracles, il semble plus judicieux de se tourner vers les framboises ou les myrtilles qui s’avèrent qui plus est beaucoup moins onéreuses.

Dans tous les cas il est déconseillé de consommer des baies de goji lors de la grossesse et de l’allaitement étant donné qu’il n’existe pas d’études sérieuses ayant permis de démontrer son innocuité lors de ces périodes.

De plus, les baies de goji appartiennant à la famille des solanacées, elles contiennent des glycoalkaloïdes puissants et nocifs comme la solanine, un insecticide naturel qui repousse les insectes. On trouve cet insecticide dans les poivrons, les aubergines ou les pommes de terre, des aliments que nous mangeons déjà fréquemment. Les solanacées pouvant entraîner des effets secondaires comme de la fatigue, des douleurs articulaires ou des douleurs musculaires en cas de consommation trop importante, augmenter son apport en cet actif en consommant des baies de gojis peut sembler peu judicieux.

En conclusion, le fait que ces petites baies soient produites très loin et donc peu écologique, qu’il soit très difficile de s’assurer de la qualité des produits, leur prix très élevé au regard de leurs propriétés et leur potentiel allergisant en font un aliment qui est loin d’être un indispensable.

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